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Vous savez vous faire "frère"

Cher Père Philippe. Voilà venu le moment où vous allez quitter Lyon. Il ne pouvait pas en être autrement. Que de moments douloureux vécus ces quatre dernières années ! Pour les victimes de Bernard Preynat qui ne trouveront probablement pas leur guérison dans votre départ. Pour vous, dont je sais que vous ne méritiez pas l'opprobre dont vous avez fait l'objet. Pour le diocèse, évidemment très secoué par tous ces événements auxquels nous ne nous attendions pas.

Nous sommes nés la même année 1950, et cela a certainement joué dans le type de rapport qui s'est établi entre nous. Ainsi étiez-vous pour moi à la fois le père de l'Eglise qui est à Lyon, et un frère prêtre. Une de vos lettres pastorales a porté sur la fraternité. Et je puis attester que, oui, vraiment, vous savez vous faire frère. De vous, d'ailleurs, je retiendrai surtout votre humanité, c'est-à-dire ce mélange de force et de fragilité qui fait un homme. Parfois la fonction cache l'homme dans ce qu'il est véritablement. Ce ne fut pas le cas pour vous. Et je vous en sais gré. Je retiendrai également de vous votre extraordinaire connaissance de la Bible, votre goût de l’Évangile et de son partage. C'était toujours un bonheur de vous entendre commenter l'Ecriture !

Vous avez été un évêque qui s'est dépensé sans compter pour le diocèse, témoignant d'une capacité de travail assez phénoménale. On peut, certes, avoir des avis divergents sur l'opportunité de telle ou telle des initiatives que vous avez prises, sur certains de vos choix pastoraux. Mais il ne fait aucun doute que vous avez su entretenir la vitalité de notre diocèse, stimuler nombre de talents, mobiliser beaucoup d'énergies positives et fécondes. Et contrairement à ce qui est trop souvent colporté, c'est un diocèse en bon état de marche que vous laissez.

Ces dix-huit années nous avons fait route ensemble, avec chacun ses singularités, et aussi nos différences et même nos divergences. Dix-huit années qu'on ne peut effacer. Dix-huit années que je ne regrette pas. Merci, Cher Père Philippe. Et que Dieu vous garde !

P. Christian Delorme





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